Chien de race ou pas ?

Avoir un chien doté d’un certificat de naissance, prouvant son inscription au livre des origines français, est la garantie d’avoir un chien sélectionné au moins sur cinq générations (depuis 2016) et qui présente toutes les caractéristiques, surtout morphologiques, et caractérielles d’une race établie. Avoir un chien qui corresponde à un standard de race, c’est bien, mais qu’elle en est l’utilité dans la sélection d’un chien de travail ? Aucune !

Quand on analyse les différents standards de race de la FCI, dont est dépendante la Société Centrale Canine, et plus particulièrement les races dites d’utilité, on s’aperçoit que les descriptions physiques préfigurent largement et dans un détail rigoureux, devant les quelques lignes anodines sur le caractère général du chien concerné. Or, un chien de travail doit essentiellement ses qualités à son tempérament et son caractère, qui devraient faire l’objet d’une attention particulière.

Non seulement le caractère et les aptitudes qui en découlent sont négligés par la FCI et sa représentante, la SCC, mais cet establishment prévoit de modifier des programmes de sélection d’élevage, par exemple le RCI, en ôtant le bâton de la partie défense sous le prétexte qu’il s’agirait de maltraitance animale. Le bâton est un outil servant à maintenir une pression physique mais surtout psychologique sur le chien afin de déterminer sa motivation et son tempérament en prise avec l’homme assistant. En amenuisant de tels programmes, on ne fera que niveler par le bas un cheptel de chiens dit « d’utilité » déjà bien en deçà de ce qu’il était auparavant.

Y-a-t-il une alternative ? Oui, et bon nombre d’utilisateurs lorgnent vers des programmes de sélection qui ont fait leurs preuves, et produisent des chiens de travail de grande qualité qui s’exportent d’ailleurs beaucoup outre-Atlantique.

Le KNPV, programme du chien de service hollandais existant depuis plus d’un siècle, est un examen obligatoire pour tout chien de service en Hollande, du chien de sécurité privée au chien de Police et Gendarmerie, les chiens subissent le même test. Il ne s’agit pas d’un programme d’élevage et de sélection de géniteurs, mais bien d’un examen. Les exigences étant d’un haut niveau, les dresseurs se sont adaptés en sélectionnant eux même leur chiens et font des combinaisons afin d’obtenir le chien le plus adapté au KNPV. Ces chiens n’ont pas de « papiers » FCI, mais sont d’une valeur inestimable lorsqu’ils possèdent le PH1 du KNPV, certification minimum pour pouvoir prétendre à la fonction de chien de Police, et plus encore lorsqu’ils remportent un concours, tel le Nico Ram (un grand dresseur néerlandais disparu) mémorial, où les meilleurs chiens certifiés au KNPV s’affrontent.

La sélection NVBK, issue d’une fédération belge indépendante et différente de la FCI et son pendant belge la Société Royal Saint Hubert, et qui possède son propre programme de sélection de chiens de travail, que l’on appelle vulgairement le « Ring belge ». Programme d’une diversité à l’infini, axé essentiellement sur les qualités intrinsèques de l’aptitude du chien au travail (et pas sur le conducteur comme le Ring français), la prise en fond de gueule et la qualité du mordant sont déterminantes dans la sélection. En Ring belge, les exercices d’obéissance et de plat, c’est le « petit » travail, par contre, le mordant et le fond reste la qualité à laquelle on ne peut remédier si le chien en est dépourvu. Voilà, comment ce programme s’est forgé une réputation de faiseur de chiens de travail purs et durs, dont bon nombre d’éleveurs français ont usés et parfois camouflés dans les papiers FCI afin d’obtenir un beau mariage !

Les lignées DDR, anciennes lignées de berger allemand, tchèques essentiellement à l’heure actuelle, qui sont issues du programme de sélection de l’ancien bloc communiste de l’URSS qui prônait une lignée basée essentiellement sur les capacités et la résistance du chien de travail. Ce sont des chiens ayant de grandes aptitudes caractérielles au travail de Police, et beaucoup d’éleveurs tchèques se sont spécialisé dans l’exportation massive de ces chiens vers les USA.

A l’heure où beaucoup se posent la question de l’importance d’avoir un chien de sécurité au LOF, il convient de bien faire la part des choses et de se demander si l’on veut un joli chien conforme au standard de race et de beauté, où si l’on veut un véritable chien de travail sur lequel on peut compter ?  La sélection des chiens au LOF, supervisée par la FCI et sa représentante française la SCC, n’est plus en phase avec une réelle sélection de chiens de travail et cela va en s’aggravant davantage. Par conséquent, il est important de garder les acquis et de ne pas exiger le LOF pour les chiens de sécurité, dont la fonction principale reste l’aptitude au travail.